De tous temps et sous tous les cieux, religieux ou non, l’homme a eu besoin d’explorer son propre mystère par le théâtre, d’interroger son humanité, toute son humanité, en se livrant au public comme à son double. Acte en même temps personnel et sociétaire, célébration liturgique mais aussi civique, le théâtre naît du besoin de l’homme de parler à l’homme des questions de l’homme. Ainsi « célébrer » est bien l’objectif de ce projet, à notre manière et dans notre temps nous désirons réinventer ce lien inné cher aux Anciens, cet aller et retour incessant entre Art et Politique, Création et animation, ce que Hubert Gignoux nommait si justement «cette unité perdue d’un couple qui ne faisait qu’un ».

En y invitant des femmes, des hommes, de tous âges et de toutes catégories professionnelles ou sociales, amateurs et professionnels nous avons pour ambition de proposer un espace d’appartenance à l’intérieur duquel se partagent des questionnements et des espérances.Le théâtre est un lieu de dévoilement du travail de création à plusieurs… capables de prononcer une parole commune et de dire je ensemble. » (Extrait de la charte du Théâtre de l’Arc en Ciel)

 

Traverser l’histoire du théâtre de l’an mil à nos jours, c’est tout d’abord interroger l’homme d’hier, ses désirs, la manière qu’il a de se dire, son rapport au monde, pour qu’à notre tour nous puissions nommer ce qui nous fonde, nous constitue, nous meut et découvrir de quoi est fait notre « vivre ensemble ». Ni devoir, ni fatalité, il est d’abord une expérience de joie, lorsqu’il prend sa source dans une reconnaissance de l’indéfectible unicité et dignité des personnes, et qu’il ne cesse de se laisser renouveler par l’inconnu, l’autre, le surprenant.

Choisir le chemin de l’art et particulièrement celui du théâtre, c’est choisir une expérience d’unité où corps, esprit, sensibilité se laissent ensemble et chacun traverser par l’indicible, le non-mesurable, la beauté des choses et des êtres. Cerise sur le gâteau ou prise de conscience fondamentale que l’homme demeure un mystère et le monde une épiphanie? Que ce qui nous échappe n’est pas synonyme de mort, mais que l’espace vide créé par l’inconnu est l’espace d’une liberté qui nous est indispensable ?